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Kyo - ULTRAVIOLENT (2025)

  • Photo du rédacteur: Benjamin Bertrand
    Benjamin Bertrand
  • 25 nov. 2025
  • 6 min de lecture

Quatre ans après l'excellent La part des lions et autant de temps passé sur les routes, Kyo revient avec un septième album studio plein de promesses. Le fer de lance du pop-rock en France garde le cap et ce don pour écrire des chansons toujours dans l'air du temps.



Ca fait très longtemps que j'ai envie d'écrire sur le groupe Français (pour mes lecteurs Québécois qui ne connaissent pas encore leur discographie, ce sera l'occasion de s'y plonger). D'abord parce que j'ai toujours pensé que Kyo (bien que soutenu par la Kyosphère, une fanbase solide et fidèle comme rarement vue en France et même au-delà) n'avait pas toute la reconnaissance populaire et médiatique qu'il méritait. Un mal peut-être un peu franco-français sur lequel je ne m'étalerais pas ici. Ensuite parce que Kyo est un rare exemple de longévité musicale. A l'heure du streaming, du scroll et de la consommation culturelle de masse, c'est selon moi le signe que le groupe n'est pas là par hasard.



C'est en 1994, sur les bancs de l'école, que les deux frères Fabien (batterie) et Florian Dubos (guitare) rencontrent Nicolas Chassagne (guitare) et Benoît Poher (chant). Amateurs de rock anglophone comme Nirvana, Soundgarden ou Radiohead, et bercés par l’univers visuel des mangas japonais et des jeux vidéos, ils décident de former Kyo et d'y consacrer toute leur énergie.

Les débuts

Les premières années sont marquées par un travail acharné : petits concerts, premières parties (notamment de David Hallyday et Pascal Obispo), un premier contrat et un premier album au succès confidentiel mais qui néanmoins permet aux garçons de se familiariser avec le travail de composition et d'enregistrement. C'est en 2003 que le groupe perce réellement avec l’album Le Chemin qui contient des tubes restés dans la mémoire collective comme ''Dernière danse'' ou ''Le chemin''. Kyo devient alors un phénomène en France avec plusieurs récompenses et une tournée à guichets fermés. A cette époque déjà, je trouve que les compositions et les arrangements sont incroyablement maitrisés pour un groupe aussi jeune. Au-delà des énormes succès populaires, cet album contient des trésors moins connus comme ''Pardonné'' ou ''Tout reste à faire'' (cette chanson m'a toujours fait penser à un mix parfait entre Radiohead et Saez du premier album).

Le succès et l’ascension

En 2004, l’album 300 Lésions confirme la popularité du groupe : un son un peu plus rock, des guitares saturées et toujours ces mélodies accrocheuses. A cette période, Kyo est omniprésent dans les médias et en tournée. Le style pop-rock francophone, combiné à des textes inspirés, séduit un large public. Même si une certaine presse hexagonale continue de snober (voir moquer) le groupe, Kyo est bel et bien un des rares groupes Français à maitriser cet alliage de puissance des guitares et de force des mots. Qui d'autre peut proposer sur le même album des hymnes comme Contact ou Respire et des chansons aussi fortes que Sarah ou encore L'assaut des regards? C'est déjà bien plus qu'un simple phénomène de mode et la suite va le prouver.

La pause et le retour

Après ce succès fulgurant, le groupe annonce à la surprise générale une pause vers 2007. Les membres explorent d’autres projets : c’est notamment le cas de Benoît Poher et Florian Dubos qui fondent l'excellent groupe Empyr avec entre autres Jocelyn Moze, ancien batteur de Vegastar. Et si vous voulez en savoir plus sur ce supergroupe, je vous invite à (re)lire mon article ici : https://bbertrand76.wixsite.com/planb/post/un-supergroupe-est-il-toujours-super Cette pause (qui dure plus longtemps que prévu) leur permet de se ressourcer et de revenir avec un nouveau regard sur leur musique. Benoît Poher déclarera notamment que le fait d'écrire en français leur manquait.



En 2014, Kyo revient en force avec l’album L’équilibre, marquant un retour aux sources tout en intégrant une production contemporaine. Cette nouvelle étape est marquée par un regain d’énergie (symbolisée par le morceau ''Le Graal'') et la reconnaissance que le groupe n’avait pas perdu sa capacité à toucher les gens. Selon moi, ce retour assoie définitivement le talent du groupe tant au niveau de la composition que des arrangements. Cet ''album du retour'' est rempli de petits bijoux pop-rock. Poupées russes est un titre d'ouverture magistral. L'équilibre est selon moi la plus belle ballade jamais produite par le quatuor. Et White Trash est le pont parfait entre le Kyo du début, Empyr et cette nouvelle ère qui s'ouvre.


Et même si Dans la peau, le cinquième album studio du groupe sorti fin 2017, connait un succès commercial plus mitigé, il est dans la parfaite continuité de cette maitrise artistique et selon moi le meilleur album du groupe. Production épurée et plus ''urbaine'', mélodies et textes ciselés, cet opus renferme quelques-uns des meilleurs titres de Kyo comme La température, Plan A (aucun lien), Prends-le ou encore 7 vies. Même si les guitares sont moins présentes, les garçons proposent des versions plus électriques sur scène comme avec le bouillant Fremen. A titre plus personnel, cet album est aussi associé à mon arrivée au Canada. Dans la peau a définitivement été ma bande-son Montréalaise en 2017-2018 (combien de fois ai-je écouté La température sous les tempêtes de neige?). Et c'est aussi à ce moment que je me suis (re)plongé un peu plus dans la discographie de Kyo. Comme pour mieux me rapprocher de mon pays que je venais de quitter.


Le changement de batteur

En 2019, Kyo annonce que Fabien Dubos quitte le groupe. Il est remplacé par Jocelyn Moze (Vegastar - Empyr). Nouveau batteur. Nouvel album. La part des lions, paru en 2021, marque clairement un retour aux guitares, à un son plus brut et aussi un hommage aux influences des premières heures comme Nirvana ou Weezer. Le groupe n'a rien perdu de sa superbe. Preuve en est cette chanson d'ouverture (toujours soigner ses entrées, n'oubliez pas) ''Margaux Omar Marlow'' qui est la synthèse parfaite de tout ce que Kyo a pu proposer musicalement jusque là. Le quatuor se lance alors dans une tournée pour défendre son nouvel album. Ce que le groupe ignore à ce moment-là, c'est qu'il va se retrouver sur les routes pendant 4 ans. En 2023, Kyo annonce ce qui doit être un unique concert anniversaire pour fêter les 20 ans de l'album Le chemin. La demande est si forte que des dates s'ajoutent au fur et a mesure. Au point que cette fête d'anniversaire durera 2 ans, rassemblera près de 500 000 personnes et amènera le groupe à jouer à Montréal et Londres.



Le 7 juin 2025, lors d’un concert à l’Accor Arena (Paris), Kyo annonce officiellement son nouvel album intitulé ULTRAVIOLENT prévu pour le 31 octobre 2025. Les 2 premiers extraits ''K17'' (un titre taillé pour la scène au refrain entêtant et au riff accrocheur) et ''Hors du temps'' (ballade dont seul Kyo a le secret) annoncent la couleur. Ultraviolent est un tournant, le chapitre d'un groupe sûr de ses forces et qui sait aussi se réinventer. La chanson ''Ultraviolent'', qui ouvre le disque, est à l'image de ce nouveau chapitre. On retrouve tous les ingrédients qui font le succès du groupe (cette valse savamment maitrisée entre énergie et mélancolie) avec une touche ultramoderne d'arrangements. Et enfin ce gimmick de guitare qui rentre sur le refrain, qui vous prend par la main pour ne plus vous lâcher. Ajoutez une section rythmique avec ce je ne sais quoi de synth-wave et vous tenez un des meilleurs morceaux pop-rock de cette fin d'année.



Et si vous voulez encore du brillant, écoutez ''Margarita'' (le cocktail, pas la pizza si on en croit le groupe) ou ''Pulsions'' et osez dire que vous n'avez pas taper du pied voir lancer un concours de ''air-batterie''. Alors oui, les guitares sont peut-être un peu moins mises en avant que dans les albums précédents. Un peu comme dans l'album Dans la peau (mon album préféré du groupe et le seul avec Ultraviolent sur lequel le groupe n'apparait pas sur la pochette, hasard ou non?). Mais elles sont toujours au service des chansons comme dans la poignante ballade ''Les amants''. Ou dans le magnifique ''L'entre monde'', morceau qui clôt l'album. Une ambiance new-wave, des paroles accroche-cœur comme jamais (Benoit Poher est une des plus belles plumes de la chanson française des 2 dernières décennies, fin du débat) et une outro qui vous plonge dans une humeur entre ''je vais tout plaquer'' et ''je vais tout déchirer''.

Contenu et style mus

ULTRAVIOLENT regarde résolument vers l’avenir. Il assume la maturité du groupe tout en ne reniant pas cette énergie qui a fait leur succès. Ce septième album studio apparaît comme un retour maîtrisé, qui ne joue pas la simple carte de la nostalgie mais ambitionne de donner une nouvelle impulsion à Kyo. Pour les fans, c’est un rendez-vous de longue date. Pour ceux qui les avaient un peu perdus de vue, c’est l’occasion de redécouvrir un groupe qui a grandi, sans perdre son âme.



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